Me Ebru Timtik – Combattre l’injustice jusqu’à son dernier souffle…

Elle avait 42 ans…

Elle était avocate…

Elle voulait faire évoluer son pays…

Elle militait pour les droits de l’homme…

Elle souhaitait être libre de penser, libre de s’exprimer et libre de défendre des êtres humains dans le respect le plus élémentaire des droits reconnus par tout Etat de droit….

Elle rêvait d’un État totalement démocratique…

Elle a été emprisonnée pour avoir exercé sa profession…

Elle a demandé à être jugée par une justice exempte de toute forme de pressions extérieures incompatibles avec l’essence même du principe de justice…

Elle a préféré renoncer à l’un de ses besoins élémentaires plutôt que d’accepter une décision prise au mépris de son droit primaire à bénéficier d’un procès équitable…

Elle est morte de faim…

Elle n’avait pourtant pas choisi de mourir…

L’absence de justice l’a tuée.

Reposez en paix chère Consœur.
Le seul combat totalement perdu est celui que l’on n’aura jamais mené. Votre bataille est immortelle.

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Me Ebru Timtik est décédée le 27 août 2020 en détention au terme d’une grève de la faim de 238 jours. Elle demandait uniquement à pouvoir bénéficier d’un procès équitable.

Le droit à un procès équitable est considéré comme le principe juridique le plus important de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Ce droit prévoit des garanties de procédures minimales qui doivent être respectées pour que les garanties matérielles, c’est-à-dire tous les droits reconnus à l’homme par la Convention (par exemple la liberté de penser, la liberté d’expression, la liberté de croyance et le droit au respect de la vie privée et familiale, …) puissent se concrétiser. Son importance n’est donc pas seulement d’ordre pratique, juridique et symbolique : il est la condition fondamentale à l’État de droit.

Consacré à l’art. 6 CEDH ainsi qu’à l’art. 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ce principe est inscrit dans notre Constitution fédérale aux art. 29, 29a et 30. Nous le retrouvons également dans de nombreuses dispositions de notre Code de procédure pénale.

Concrètement, le droit à un procès équitable prévoit notamment que :

  • toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial ;
  • toute personne accusée d’une infraction doit être présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie;
  • tout accusé a notamment le droit :
    • d’être informé dans sa langue des accusations portées contre lui ;
    • de disposer du temps et des facilités nécessaires à préparer sa défense ;
    • du droit de se défendre lui-même ou d’être assisté d’un avocat ;
    • du droit d’interroger ou faire interroger les témoins à charge ;
    • du droit de se faire assister d’un interprète ;
    • du droit de garder le silence et de refuser de collaborer.

Le hasard des choses peut conduire chacun à se retrouver sur le banc des accusés, à tort ou à raison.

Trop d’ignorants croient que les avocats défendent des crimes ou des criminels.

Nous défendons des droits.

Nous défendons l’Etat de droit.

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